Le livre « C’est arrivé au Bord-de-l’eau »

Lancé officiellement en mai 2018 et distribué à plus de deux mille exemplaires, le livre offre une vue impressionniste du travail de débardeur au Port de Montréal à partir des anecdotes racontées par les anciens débardeurs. « C’est arrivé au Bord-de-l’eau » veut mettre en valeur la culture originale et le milieu de travail unique des débardeurs du port de Montréal. Il souhaite aussi sensibiliser les divers publics à l’Histoire des débardeurs et à leurs coutumes.

 

Quelques mots sur le projet :

Assemblant témoignages d’anciens débardeurs et anecdotes sur le milieu de travail, le livre rend hommage à ces travailleurs des quais qui assurent depuis des siècles l’approvisionnement de Montréal en matériel et marchandises de toutes sortes.

La période visée : de 1930 à 1980 alors que les changements technologiques et des conditions de travail très différentes modifient la culture du travail sur les quais.

Parmi les thèmes abordés par le livre:

Le fleuve et la température; le froid l’hiver et la chaleur extrême en été

Le bateau : les contraintes physiques : échelles, cales, vermine, etc. Mais aussi l’équipage ou les incidents particuliers qui peuvent arriver sur un bateau.

Les accidents de travail : ils contribuent à tisser la culture des débardeurs

Les tavernes : des lieux à part à la fois espace de jeu, de défoulement et de négociation.

Le livre est enrichi de nombreuses photos d’époque.

Extrait: 

Il y a livre d’histoire et livre d’histoire. La vie des ouvriers et des gens ordinaires ne fréquente pas les noms des grands personnages et les dates des évènements mémorables qui les accompagnent. Elle se retrouve entre les lignes sous le vocable « population » ou « habitants » ou « pays ». Le monde ouvrier est invisible, mais c’est lui qui donne chair et sang à nos sociétés. Ce livre présente des anecdotes. Des faits divers racontés dans leurs mots par les débardeurs. De petits récits qui placent le lecteur au niveau des quais, face au fleuve immense, à côté de la coque d’acier chargée de sacs, de caisses ou de poches envoyés par toute la géographie de la planète. Ces récits décrivent le travail de débardeur, un univers pareil à nul autre au monde; avec sa culture, avec ses règles, ses décors, ses dangers et même sa propre météo. C’est un livre d’anecdotes. Il s’agit aussi d’un véritable livre d’histoire. Pour une fois, voici le travailleur qui parle. Et l’invisible apparait devant nos yeux.

 

Le livre est disponible dans les 45 Renaud-Bray de la grande région de Montréal et chez les libraires suivants: Monet, Raffin, Olivieri, Fureteur, Parchemin, Librairie Paulines, Vieux-Bouc, Port-de-tête, L’Écume des jours

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Prévoir la relation entre les arts et les réseaux sociaux pour les prochaines années

 

Introduction :

 Le milieu des arts et de la culture sous-tend toute ma démarche de Web social depuis au moins 12 ans et il me parait donc logique d’articuler cet essai sur l’impact que le 2.0 pourrait avoir sur le milieu des arts. Il me faut cependant poser un bémol dans la mesure où les réseaux sociaux ont déjà eu un énorme impact sur le milieu des arts.

Le premier de ces impacts a été de permettre à une multitude d’artistes de se faire connaitre et de faire connaitre leur travail.

Le milieu auparavant était très dépendant du travail des galeristes, et au premier chef, des galeristes locaux. Pour un artiste dont la ville se situait hors des grands circuits de l’art, comme New York, Londres, Berlin ou Paris, les chances de percer au niveau international étaient pratiquement inexistantes. C’était le cas par exemple des artistes d’Amérique du Sud, de l’Asie  (Viet Nam, Inde, Indonésie, Chine, etc.) et de l’Europe de l’Est notamment la Pologne, la République tchèque, la Géorgie, l’Ukraine, etc.

L’impact de Facebook à ce chapitre a été énorme, surtout dans les milieux d’avant-garde auxquels je m’intéresse. La capacité d’exposer ses œuvres et de construire un réseau de fans a servi les artistes de partout, et sans nécessairement signifier qu’ils doivent leur carrière aux réseaux sociaux, presque tous ayant au départ une solide base locale, le 2.0 leur a offert un rayonnement et une capacité promotionnelle inespérée.

 J’ai eu la chance durant cette période de construire un réseau d’environ 2 000 artistes, réduit de presque la moitié depuis que j’ai tout récemment, suite à ce cours, décidé de fermer mon compte Facebook. 2 000 artistes, sans nécessairement prétendre à un nombre suffisant pour un sondage scientifique, cela permet néanmoins de profiter d’une solide base empirique qui renforcée par le suivi régulier des publications sur l’art, offre un portrait réaliste de l’évolution du milieu des arts sur les réseaux sociaux.

 

1- Le milieu

Auparavant, l’art, surtout dans l’avant-garde, misait sur les galeries, le bouche-à-oreille et quelques rares publications pour se faire connaitre. En fait, la structure de support essentielle à la survie du genre était la communauté des pairs et des amateurs. En général, cette communauté demeure encore essentielle à la survie et à l’évolution de la carrière des artistes.

Cependant le 2.0 a élargi le bassin des amateurs et a permis à de nombreux artistes de se faire découvrir par les galeries et les collectionneurs. Les exemples abondent. Évidemment, à l’échelle des marchés internationaux, ces exemples demeurent relativement marginaux, parce que seuls les artistes les plus brillants, ou les plus flamboyants, c’est selon, risquent de se faire remarquer, mais leur succès motive ceux qui suivent derrière. D’autant plus que sur les 2 000 artistes que j’ai suivis quotidiennement de 2010 à 2018, une poignée seulement affichait clairement au départ des ambitions internationales. La vaste majorité profitait d’un support et d‘un rayonnement extralocal, souvent national, et dans le cas de la majorité vendait même ses œuvres au niveau international, mais se satisfaisait de voir son travail vu et reconnu.

L’attention des intervenants était tournée vers la visibilité et la reconnaissance, ce que le Web social et surtout Facebook fournissaient, servant de validation, d’outil promotionnel et de communauté élargie.

Avec le passage du temps, de plus en plus d’artistes ont utilisé leur présence sociale comme une activité commerciale, destinée à vendre leurs œuvres directement à des clients et non plus seulement comme outil de reconnaissance et d’accès à des galeries d’art. Sur les quelque 350 artistes que je suis actuellement sur Instagram, environ 80% utilisent le réseau pour vendre des œuvres et la communauté de chacun de ces artistes est constituée d’amateurs qui sont également à l’occasion des clients. Client en nombre suffisant pour assurer la continuité de la carrière de l’artiste ou du moins garantir un revenu qui complète celui en provenance des collectionneurs et/ou des galeries. C’est le cas particulièrement des dessinateurs qui oeuvrent dans les secteurs du comic book, du jeu vidéo, du Fantasy Art et plus généralement de ce qui est qualifié de « Neo Expressive Art » ou « Neo Figurative Art ». Pour les artistes de ces secteurs, leur public constitue une part notable de leur « marché » et informer ce public à propos de leurs dernières créations, de leur participation à tel ou tel salon ou évènement contribue au succès financier sur le plan artistique.

En résumé, la motivation première des artistes en général face aux réseaux sociaux demeure l’extension de leur communauté réelle : la visibilité de leurs œuvres et la reconnaissance publique de leur travail. Dans ce contexte, il n’y a aucune forme de pérennité. Presque tous les artistes trainent un chapelet de lieux de présence sur Internet et le 2.0 qui marque leur historique virtuel: DeviantArt ou Flickr, avec parfois un Tumblr ou un Behance, en plus de leur propre site Web, généralement pas à jour depuis longtemps, et puis enfin Facebook avec maintenant Instagram.

Sur Facebook je suivais environ 1200 à 1500 artistes dont plus ou moins 500 qui étaient uniques à Facebook et que je n’avais pas d’abord découvert sur DeviantArt ou Flickr et suivi dans leur migration vers FB. Dans les dernières années, la presque totalité de ces artistes Facebook a ouvert un compte Instagram, et ralenti ou même stoppé, sa publication de billets sur Facebook. De manière empirique, j’ai vu dans ce mouvement une répétition de migrations précédentes à partir de DeviantArt ou de Flickr vers Facebook. Le chasseur d’image lambda, comme moi, s’aperçoit un jour que tel ou tel artiste ne publie plus, et en faisant une recherche, que l’artiste en question a ouvert un compte sur un nouveau réseau social; jadis Facebook, maintenant Instagram. Lorsque ce type d’incident se répète, c’est le signal déclencheur d’un processeur d’inventaire qui révèle jusqu’où la migration des artistes s’est répandue. Ces derniers cherchent la reconnaissance de leur travail et les amateurs d’art ou chasseurs d’images comme moi recherchent les artistes. Lorsqu’il y a moins d’artistes participants dans notre «catalogue», quelque chose est en train de se produire. Ces mouvements de migration ne viennent pas non plus sans avertissement. Lorsqu’un artiste exprime son insatisfaction face à un réseau social, de manière presque magique des billets similaires vont apparaitre un peu partout dans les semaines qui suivent.

Sur Facebook dans les deux ou trois dernières années, de plus en plus d’artistes se sont plaints de constater que moins de membres de leurs communautés voyaient leurs billets de blogues. Ces communautés virtuelles de fans peuvent prendre des années de labeur à créer. Pour un artiste, elles justifient sa présence sur un réseau corporatif comme Facebook ou Instagram. Dans la mesure où l’algorithme du réseau diminue l’accès de l’artiste à la communauté qu’il a construite, l’utilité de ses efforts en ligne devient discutable. C’est d’autant plus vrai que les histoires d’horreur que des artistes peuvent raconter à propos de la censure sur Facebook abondent dans le milieu. Voir son compte suspendu un mois pour une image que Facebook a jugé indécente met en péril le travail de l’artiste. Mais surtout sa mésaventure, répercutée par celle de tous les autres et amplifiée par les maladresses culturelles de Facebook, fait prendre conscience à tous les autres que leur travail, et éventuellement une partie de leur carrière, est entièrement à la merci des caprices du réseau social qui contrôle entièrement les règles du jeu.

Le contexte dans son ensemble devient de plus en plus fluide et incertain pour les artistes. Ce pourquoi l’achat de Flickr par SmugMug a réjoui d’anciens adeptes qui voient dans Flickr quelque chose de plus stable et bien moins compliqué (et risqué) que Facebook ou Instagram même si Flickr ne se compare en rien aux deux autres en termes de rayonnement.

 

2- Les tendances actuelles :

L’incertitude caractérise la situation actuelle. Instagram semble remplacer Facebook pour les artistes, mais le réseau comme sa maison-mère Facebook est un organisme corporatif, qui vise des résultats financiers optimaux pour ses actionnaires et la publicité est la raison d’affaires d’Instagram. Pas l’art. Un photographe, Samuel Zeller, dans un article publié dans le magazine Web Startup souligne le problème fondamental que pose Instagram pour un artiste (1):

« As a photographer you can’t “grow” on Instagram if you don’t post what the mass enjoy. Yes it makes photographers literally copy each other styles because only some type of images can get big engagement. »

 Ce sont les algorithmes qui décident du succès des artistes sur Instagram, en fonction des impératifs publicitaires liés au nombre. La communauté que tente de bâtir l’artiste n’est pas plus importante sur Instagram qu’elle ne l’était sur Facebook.

Dans une série d’articles dévastateurs, Sara Melotti, une « influenceure » décrit les multiples trucs et astuces que peuvent déployer des adeptes ou des entreprises pour gonfler le nombre de leurs adhérents et se gagner les faveurs des algorithmes d’Instagram (2) : « Over the last few years Instagram became THE new way to advertise, money got in the way creating a toxic numbers game, and getting our work seen without playing this game is becoming harder and harder. What once used to be about content and originality is now reduced to some meaningless algorithm dynamics and who has the time and the cash to trick this system wins the game. »

Instagram et Facebook; mêmes causes, mêmes résultats prévisibles. Tôt ou tard, l’accès direct de l’artiste à sa communauté va être de plus en plus limité pour des raisons publicitaires.

À l’heure actuelle, à moins qu’un réseau social corporatif ne développe une formule adaptée spécifiquement pour les artistes, leur assurant la capacité de se bâtir une communauté et de contrôler l’évolution de cette communauté en même temps que leur capacité à publier, il n’y a à terme tout simplement aucune raison pour les artistes de continuer à œuvrer et à perdre un temps précieux sur les réseaux sociaux.

À titre d’historien et pour avoir souvent pu assister à des moments charnières sur le Web, je trouve que la situation actuelle est tout à fait intéressante.

 

3- Les forces sous-jacentes

L’art sert d’élément d’attrait sur Instagram et la capacité théorique de profiter d’un bassin de centaines de millions d’usagers exerce un attrait indéniable au départ sur un artiste. Un récent article du Los Angles Time cadre le phénomène (3) : « Around a third of online adults in the U.S. use Instagram, according to research from Pew. Among those ages 18-29, usage shoots up to 59%. In its 2017 survey, art marketplace Invaluable found that nearly 56% of U.S. consumers ages 18-24 said they would buy art online, and 45% said social media is the main way they discover art. »

 Si on enlève l’art des réseaux sociaux, l’art va survivre. Les réseaux sociaux? Sans l’art et la culture, quels sont les éléments valides de contenu qui sous-tendent l’existence d’Instagram et Facebook? Sans rien autour pour embellir le décor et créer l’illusion qu’ils participent à quelque chose de « cool » alimenté par une nouveauté constante, quel va être l’intérêt des usagers à continuer à s’échanger des propos qui sont au mieux, anodins?

 

4- Extrapolation :

 1 an

Si les technologies de l’information et le Web ont prouvé quelque chose, c’est l’absence absolue de pérennité pour quelque forme de contenu que ce soit. En fait le Web lui-même a survécu et bien sûr, internet. Faire des pronostics sur la manière dont l’art va s’incarner à l’avenir dans les réseaux sociaux est un exercice périlleux.

Ce que je constate sur le terrain c’est une vaste méfiance des artistes face aux réseaux sociaux. Plus que l’usager moyen, ils vont être sensibles à la publicité négative qui suit les actions des Facebook de ce monde et cela va amplifier les leçons qu’ils tirent de ce qu’ils constatent eux-mêmes dans la gestion quotidienne de leurs activités sur les réseaux sociaux.

Si le passé est garant de l’avenir, sur les réseaux sociaux les choses peuvent aller très vite. La prochaine année va être fascinante à suivre de ce point de vue là et personnellement, deux questions m’interpellent :

– Les artistes vont-ils demeurer sur Instagram ou une constatation similaire à celle qui a entrainé leur départ de Facebook va-t-elle se répandre parmi eux, mais plus rapidement cette fois-ci?

– Question corollaire : est-il un réseau social qui pourrait remplacer Facebook ou Instagram pour les artistes? Flickr soulève un espoir raisonnable, mais a beaucoup de chemin à parcourir pour rallier à nouveau les photographes et surtout, Flickr demeure justement un milieu de photographes. DeviantArt, à moins d’un changement radical d’orientation, ne peut accueillir les millions d’artistes en art visuel qui se trouvent sur Facebook et Instagram. Sans compter que Flickr a un modèle d’affaires simple et clair, l’abonnement, alors que DeviantArt a toujours plus ou moins été une affaire de dilettante. Le réseau Ello a des prétentions en tant que réseau privilégié des artistes, mais la manière dont son modèle d’affaires peut intégrer les créateurs sans les brimer n’est pas tout à fait clair et sa capacité de pénétration auprès des artistes relativement limitée. Quoique cela peut changer très rapidement.

 

5 ans

Dans un délai de cinq ans, s’il n’y a pas de changements drastiques, les artistes vont se replier vers des communautés Web dont ils vont contrôler les tenants et les aboutissants et construites autour de sites Web, de galeries en ligne, de forums, etc. Comme dans les années 90 en fait, mais avec l’expertise acquise du 2.0 en plus. Les arts et les artistes vont redécouvrir la valeur des véritables communautés, constituées de pairs et de gens intéressés. Communautés moins flamboyantes, plus locales, mais plus fiables, plus solides et justement, mieux en mesure de s’avérer pérennes.

Je vois mal comment les réseaux sociaux pourraient s’y prendre pour retenir les artistes, à moins de les payer en fonction de leur popularité et même encore, les artistes n’y trouveraient pas leur compte. Le 2.0 a fait beaucoup pour l’art pendant un certain nombre d’années, qui ont permis à n’importe quel usager, moi compris, d’avoir accès à davantage d’œuvres et d’artistes et à davantage d’exploration sur le plan artistique que n’importe quel monarque de l’Histoire.

Mais la nature corporative de ces réseaux a fini par imposer sa réalité spéculative sur le plan financier et l’Art est alors devenu un facteur stimulant des algorithmes, ce qui a éliminé pour les artistes les avantages de participer aux réseaux sociaux.

 

 20 ans

En ce qui me concerne, l’immense avantage du cours, construit vers 2008, c’est de m’avoir permis de faire un bilan de ma longue présence sur les réseaux sociaux en comparant la réalité avec les attentes qui existaient vers 2008. Vis-à-vis ces attentes, la déception est immense. Les réseaux sociaux ont été exactement le contraire de ce qui était espéré. Ils ont entrainé davantage d’opacité, littéralement inventé et imposé les « fake news » comme des réalités alternatives acceptables, et ils ont profondément et de manière durable, nuit à la démocratie, aux droits humains et à la libre circulation d’une information neutre et de qualité. Il n’y a aucun progrès en art et en culture qui puisse justifier de pareils résultats. D’autant plus quand les Google et Facebook de ce monde siphonnent l’économie de nos sociétés pour remplir les poches de leurs actionnaires sans rien apporter en retour.

À moins que ne réussissent à se créer et à s’imposer des réseaux sociaux citoyens, je souhaite personnellement que le 2.0 passe aux oubliettes de l’Histoire.

 

 

 

Bibliographie :

(1) Zeller, Samuel. Goddbye Instagram, Hello Ello January 12, 2018 The Startup

https://medium.com/swlh/goodbye-instagram-hello-ello-45df3d8754ec

 

(2) Melotti, Sara. Instagram Created A Monster Behind The Quest 21 April 2017

http://behindthequest.com/instagram-created-a-monster

 

 

 

 

 

Références :

 

 

Artsy Editors. The Online Art Market Is Booming—Here’s What You Need to Know Artsy, April 21, 2016

https://bit.ly/1YKtDSg

 

Ellis David. Social media increasingly influencing art market – with Instagram more popular than ever Monday 20 June 2016, Evening Standard

https://bit.ly/2v7dmjI

 

Farago, Jason. How Much Has The Internet Changed The Art World?

BBC, 26 March 2014

http://www.bbc.com/culture/story/20140326-how-has-the-internet-changed-art

 

Goldstein, Andrew. Has Art Basel Become the Facebook of the Art World? An Interview With Marc Spiegler Artnet, March 19, 2018

https://news.artnet.com/market/marc-spiegler-art-basel-facebook-interview-1235456

 

Vincent, Alice. How has the internet changed art? 01 October 2014, The Telegraph

 

https://bit.ly/2NHpsYc

 

Weinswig, Deborah. Art Market Cooling, But Online Sales Booming

Forbes, May 13, 2016

https://bit.ly/2JWnh0T

 

Vidéo : Yong Hi, Red. The influence of social media on the art world CNBC, 20 March 2018

https://www.cnbc.com/video/2018/03/20/the-influence-of-social-media-on-the-art-world.html

 

 

Des ressources pour explorer les marchés du livre numérique

L’outil le plus valable demeure la capacité à exercer une veille constante. Mais pour le faire, et sinon pour découvrir au moins un peu ce qui se passe, voici quelques suggestions qui me paraissent utiles.

En premier et même si j’en ai souvent parlé, Author Earnings demeure indispensable

http://authorearnings.com

C’est la seule source de référence qui fait vraiment le travail manière 2018 : l’équipe implante une vaste armée de bots sur Amazon et recueille les données de chaque vente de livre pour ensuite analyser ces données. Les résultats sont complets et tracent un solide portrait de ce qui se passe chez Amazon. Comme pour le moment l’entreprise vend plus, en papier comme en numérique, davantage que la totalité du marché américain des éditeurs et diffuseurs, elle reste l’étalon maître dans le marché.

En français

IDBOOX  : https://twitter.com/IDBOOX

ActuaLitté : https://twitter.com/ActuaLitte

apportent l’information de base sur le livre francophone et ActuaLitté rapporte aussi les principales nouvelles en provenance de l’édition anglo-saxonne qui continue à jouer le rôle de pionnière en matière de livres numériques.

Lettres Numériques suit l’actualité du livre numérique francophone https://twitter.com/Lettresnum

tandis que le Labo de  l’Édition de Paris Co.  https://twitter.com/labodeledition

fait la part belle à l’innovation dans le domaine, ce qui est précieux.

 

En anglais les ressources sont nombreuses et parmi elles :

Pub Perspectives https://twitter.com/pubperspectives

The Digital Shift https://twitter.com/ShiftTheDigital

Digital Content Next https://twitter.com/DCNorg

Digital Trends https://twitter.com/DigitalTrends

The Author Biz http://theauthorbiz.com

Fournissent de l’information variée sur le livre numérique.

À surveiller enfin : Tech Dirt https://www.techdirt.com

La ressource indispensable pour découvrir tout ce qui se trame sur le plan légal aux États-Unis concernant les droits d’auteurs, les droits des usagers, les droits des éditeurs ou des producteurs, etc. C’est franchement complexe, faut astiquer ses notions de droits et sa capacité à parler le légalais (en anglais de surcroit), mais c’est généralement sur Tech Dirt que l’on découvre un ou deux ans à l’avance les tendances qui vont changer le marché des contenus numériques ou plus spécifiquement, le marché du livre numérique.

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Les chiffres du livre numérique

Cet article tout récent de Lettres Numériques

https://bit.ly/2uuBJax

s’interroge à savoir si les ventes de livres numériques ont baissé en Europe. Le merveilleux monde de l’édition est on ne peu plus mal placé pour trouver la réponse. Ignorant tout de l’évolution des contenus et des marchés du numérique, les éditeurs se fient sur les piliers traditionnels de l’évaluation des ventes de livres papier. Lesquels bien sûr ne comprennent rien non plus à l’économie actuelle du livre numérique. Comme le soupçonne l’auteur de l’article, les ventes de livres autopubliés pourraient fausser les données. Author Earnings http://authorearnings.com   a déjà démontré à quel point les ventes de l’autopublication numérique constituent un énorme marché aux États-Unis. Mais il faut également tenir compte de la myriade de petits éditeurs indépendants dont les ventes ne sont répertoriées nulle part. Bref, pour évaluer correctement, il faut d’abord connaitre les réseaux et les processus de vente et pour cela, connaitre les produits. Pas certain que découvrir le marché de l’autopublication fascine les éditeurs…

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Web social et droit d’auteur

Comme le mentionne Richard Stallman dans un billet publié jadis sur GNU.org (1), la notion de « copyright » (un terme déjà éloigné de droit d’auteur tel qu’entendu au Québec et encore plus de la manière dont il est légiféré en France) est très éloignée du concept flou de propriété intellectuelle. Les réseaux sociaux, Facebook en tête, mais c’est aussi le cas de MySpace, Flick’r, Deviant Art, et autres Instagram se sont beaucoup servis, gratuitement, du travail des artistes pour se mettre en valeur et recruter des adhérents. C’est évidemment le cas des GAFA (Google Apple Facebook Amazon) qui viennent de financer d’énormes campagnes de protestations pour torpiller (avec succès) un projet de loi accordant plus de protection aux artistes dans l’univers numérique

https://bit.ly/2MX5KYp

Les usagers des réseaux sociaux ne se gênent aucunement pour prendre des oeuvres afin de décorer leurs pages ou créer leur logos. Quand ce n’est pas carrément des entreprises ou des individus qui copient les images ou les hackent pour se fabriquer avec des porte-folios bidons et vendre leurs services…ou même les œuvres. Ce n’est rien de nouveau. À l’époque où dans les années ’90 je produisais des séries Web, les 400 pages (chiffre considérable à l’époque) du site qui les hébergeait avaient été copiées, entièrement traduites en chinois et diffusées sur le Web quelque part en Chine.

Sans musique, sans art visuel et sans photographie, je ne sais pas trop ce qui resterait vraiment du Web social. Lequel a permis à certains artistes un réel succès et la découverte de milliers d’autres créateurs. Mais les conditions économiques des artistes se détériorent évidemment encore plus rapidement que ceux des travailleurs et de la classe moyenne et de plus en plus de créateurs se demandent en quoi il vaut la peine de continuer à diffuser gratuitement sur le Web social. Les « Like » c’est bien beau, mais ça demande du temps et ça ne paie pas le loyer.

(1) Stallman, Richard M. Did You Say “Intellectual Property”? It’s a Seductive Mirage

GNU Operating System

http://www.gnu.org/philosophy/not-ipr.xhtml

 

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La participation là où on ne l’attend pas

Le sociofinancement est devenu un incontournable de l’agitation culturelle sur les réseaux sociaux. Kickstarter http://www.kickstarter.com

est perçu d’abord comme une plateforme de sociofinancement de projets « geek », orientés par exemple vers l’objet intelligent, mais il a son importance pour les secteurs traditionnels de la culture, ne serait-ce que parce que le nombre d’utilisateurs y est si important que des organismes culturels y lancent des projets sans avoir besoin d’argent, simplement pour profiter des retombées promotionnelles constituées par la présence du projet sur Kickstarter. C’est là une conséquence tout à fait imprévue du sociofinancement, mais les choses vont plus loin. En septembre 2016 le journal anglais de Guardian annonçait que Kickstarter, était devenu l’un des cinq plus importants éditeurs du monde : https://bit.ly/2c8tyWn

« …if you put the 1,973 publishing pitches that were successfully funded in 2015 together with the 994 successful comic and graphic novel projects, then last year’s tally of 2,967 literary projects puts the crowdfunding site up among publishing’s “Big Four”: Penguin Random House, Harper Collins, Hachette and Simon and Schuster. The latter, which is the smallest of the Big Four according to Publishers Weekly, publishes “over 2,000 titles annually. »

Il y aurait de sérieuses analyses à faire sur ce seul impact sur le monde de l’édition de la part d’une plateforme de sociofinancement. Néanmoins le fait soulève une évidence; le poids du nombre sur les réseaux sociaux peut engendrer des résultats phénoménaux.

 

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L’identité 2.0 des artistes

L’immense avantage des réseaux sociaux et en particulier de Facebook pour les artistes a été de leur permettre une visibilité et une capacité promotionnelle rapide, aisée et gratuite. Facebook a permis une formidable éclosion de l’art en provenance de pays comme l’Indonésie ou la Géorgie dont plusieurs artistes, loin des circuits traditionnels de l’art, n’auraient jamais pu percer sans Facebook. Avec le succès cependant sont venus les problèmes. Dès qu’un artiste; acteur, peintre, photographe, modèle connait un minimum de succès sur les réseaux sociaux, par exemple Twitter ou Facebook, et par succès il faut comprendre plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’admirateurs, des groupes de profiteurs reprennent son identité ou des variantes, au point où parfois l’on n’arrive plus à distinguer le vrai des faux. Je me souviens d’une entrevue avec la peintre Heidi Taillefer @heiditaillefer dont la carrière a faille être sabotée par un compétiteur qui avait repris son identité sur Facebook tout en dénigrant son œuvre, au point où elle a dû se présenter en personne dans les galeries d’art de New York avec lesquelles elle collaborait.

Le vol ou le plagiat d’identité est une chose, mais plusieurs artistes après avoir investi des années d’efforts dans la construction de leur réseau ont tout perdu lorsque leur compte a été mystérieusement fermé, la seule explication plausible étant le « hacking ». Alodia Gosiengfiao, Cosplayer et une des personnalités les plus connues d’Asie racontait en entrevue lors de l’Otakuthon 2013 à Montréal avoir subie la mésaventure alors que son compte Facebook comptait plus d’un million de membres.

La même histoire de fermeture inexpliquée de compte vient tout juste d’arriver à la peintre Rose Freymuth-Frazier qui a perdu ses 9 000 adhérents sur Instagram et a fort heureusement profité du soutien de plusieurs artistes et organisations des arts pour reconstituer partiellement son réseau https://www.instagram.com/freymuthfrazier

 

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